Judith Bout-Commeau

Pièces uniques en grès

Pourquoi boit-on toujours dans la même tasse? Parce qu’elle a la bonne contenance, qu’elle s’adapte parfaitement à notre main et qu’elle pèse juste ce qu’il faut. Certains la préféreront petite avec des lèvre fines; d’autres profonde et charnue. Elle peut être ébréchée, nous continuerons de l’utiliser par attachement. Il y a des « objets de famille », comme il existe des maisons de famille; on les emporte dans nos nouveaux départs, on les transmet parfois. C’est à eux que je pense lorsque je me mets au travail.

Pour avoir une main droite fragile, j’utilise de la terre très molle et le moins d’outils possible. Je prends plaisir à voir la pièce se métamorphoser au gré des mouvements que je lui imprime et, surtout, qu’elle veut bien recevoir. La « banane » s’affaisse; n’importe, elle aura fière allure en « drakkar ». Les accidents sont souvent sources de découvertes. Je mélange toutes les techniques de modelage : le pincé, le colombin, la bande, la plaque, l’évidement dans la masse, etc. Il y a toujours une issue pour parvenir à dégager la forme qui se dessine peu à peu, la trouver est devenu un jeu.

Comme d’autres, je dois beaucoup à Isabelle Roux. Auprès d’elle, j’ai appris qu’il n’était pas besoin de force pour travailler les lignes directrices d’une pièce et la faire grandir.

Emmanuelle Angot m’a aidée à apprécier les formes qui me venaient naturellement dans les doigts.

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