Virginia Rebélo

Tournage, Modelage

L’idée qu’on puisse tirer d’un bloc de boue un objet qui traverse les siècles me fascine. 

Tant qu’elle n’est pas passée par le feu, l’argile se prête à toutes les transformations. Le matériau n’a rien d’inerte, il faut l’accompagner vers la forme plutôt que de l’y contraindre; jouer avec son élasticité plutôt que de vouloir vaincre ses résistances. 

J’aime jouer avec ses limites, voir jusqu’où je peux aller avant que la pièce ne s’écroule. Que se passera-t-il si je n’attends pas que la terre se fige avant de monter un peu plus la forme? Jusqu’où ouvrir un angle, déséquilibrer une forme? C’est enfantin, peut-être, mais l’enfance est un état dans lequel la curiosité demeure une évidence. Après des années d’enseignement, je sais que le jeu est une occupation extrêmement  sérieuse. L’argile permet une transgression douce des règles. Elle admet l’erreur et la réparation.

 Passée l’agitation de la forme première, je me donne le temps de travailler les pièces. Je les conçois comme des extensions de la main. Des bosses et des creux pour que ceux qui les tiendront pour boire, pour manger, pour en faire ce qu’ils voudront aient plaisir à les attraper.

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